Au jour 62 du confinement de l’être confiné

J’ai rencontré un ami dans la cour en allant rencontrer les pins derrière le CHSLD. Il est prisonnier un étage plus bas, prisonnier également de la même saloperie que moi.

Lui aussi avait l’habitude de manger des kilomètres en fauteuil motorisé.

Rapidement il m’a mentionné de sa voix fatiguée et pâteuse qu’il en a perdu.

Je l’ai senti davantage hypothéqué qu’auparavant, je crains que sa tête sera encore moins en contrôle du fauteuil.

Ses cheveux ébouriffés de trois mois espèrent un coiffeur, j’ai tué leur espoir. Oui, les salons de coiffure ouvriront bientôt, mais y’a pas de sortie du CHSLD à l’horizon. Pis pas certain qu’ils vont autoriser la tondeuse et les ciseaux de la coiffeuse à franchir la porte du CHSLD de sitôt.

J’ai tourné les roues et je lui ai dit en terminant :

– Ils vont nous tuer.

Il y a des jours où ma tête est également en proie au doute sur sa capacité à me conduire loin d’ici. C’est le ravage du confinement.

90 % des résidents des CHSLD y sont confinés de facto. Jamais les politiciens évoquent le drame actuel des personnes souffrant d’un handicap physique qui sont incarcérés dans les CHSLD, pour qui le jour est une fenêtre. Je vous mets au défi de trouver un point de presse où il en est question.

En terminant, voici deux tweets que j’ai publiés à l’intention de la ministre de la santé lors de la dernière de la saison de l’émission Tout le monde en parle. J’avais malheureusement oublié #TLMEP pour le deuxième…

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