la « guerre l’auto »

Je recopie la chronique d’Alain Reyes disponible en version intégrale sur le site de La Presse.

Alain Rayes

Je dois vous avouer être resté sans mots devant certains évènements survenus à Québec ces derniers temps.

D’abord, cet automobiliste qui a injurié publiquement le maire Bruno Marchand pendant l’inauguration d’une piste cyclable à Québec, la semaine dernière⁠1. Puis, l’histoire bouleversante des parents du jeune Alex Côté, 11 ans, mort après avoir été happé par un véhicule alors qu’il circulait à vélo.

Les parents ont dû reporter l’installation d’un vélo blanc à la mémoire de leur garçon après avoir reçu des commentaires haineux⁠2. Un vélo blanc, c’est un peu comme ces croix qu’on aperçoit en bordure des routes pour rappeler qu’une personne y a perdu la vie. Un geste de commémoration et de sensibilisation.

Imaginez un instant. Vous perdez votre enfant et même un simple hommage à sa mémoire devient prétexte à la haine.

Sincèrement, où s’en va-t-on ?

Vendredi, j’ai participé à un panel à l’émission Zone Info de RDI où nous avons discuté de ces évènements et de la cohabitation entre les usagers de la route. Et les réactions publiées ensuite sur les réseaux sociaux m’ont renversé.

Des commentaires agressifs, une vulgarité désolante, des insultes et des attaques personnelles qui n’ont rien à voir avec le fond du débat. J’ai moi-même reçu des messages où l’on s’attaquait à mon intelligence, à mes anciennes professions et même à mes motivations comme analyste chroniqueur. Sans oublier tous les commentaires de ceux qui sont profondément convaincus que nos analyses sont dictées par les directions des différents médias. Tout ça parce que j’ai dénoncé les comportements et propos dangereux d’automobilistes envers les cyclistes.

Est-ce vraiment devenu notre façon de débattre ?

On peut critiquer les politiciens, le maire Bruno Marchand, des gestionnaires, les pistes cyclables, la disparition de stationnements, les travaux routiers qui génèrent de la congestion ou certains choix politiques. Ces préoccupations sont légitimes. Mais peut-on en discuter sans mépriser ceux qui prennent des décisions ou qui pensent autrement ?

Contrairement à ce que certains semblent croire, nos routes n’appartiennent pas exclusivement aux automobilistes. La société a évolué. On se déplace en voiture, à vélo, à pied, en trottinette, en patins à roues alignées ou en transport collectif, l’un n’empêchant pas les autres.

Et que dire de ce paradoxe : chaque fois qu’une personne choisit un mode de transport alternatif à l’auto, c’est une auto de moins dans la congestion que ces mêmes automobilistes dénoncent !

Sans oublier que la très grande majorité des cyclistes sont aussi des automobilistes. Ils possèdent un permis de conduire, paient leur immatriculation le cas échéant, leurs taxes et leurs impôts. Comme tout le monde, ils contribuent au financement de nos routes, mais aussi du transport collectif, des pistes cyclables et des trottoirs.

Et cette personne à vélo que certains insultent et traitent comme un ennemi, c’est peut-être votre voisin, votre collègue ou votre ami. Ce pourrait même être votre enfant, votre conjoint ou votre conjointe. Aimeriez-vous qu’un automobiliste lui fasse subir le même traitement ?

Je fais moi-même du vélo de route et je ne compte plus les fois où un automobiliste m’a frôlé dangereusement alors qu’il aurait pu ralentir ou me laisser davantage d’espace. Pourquoi ? Pour gagner quelques secondes ? Pour me faire comprendre que je dérange ?

Une simple manœuvre d’impatience qui, chaque fois, peut coûter la vie d’une personne.

Je ne prétends pas que tous les cyclistes, coureurs et piétons sont exemplaires. Eux aussi doivent respecter les règles. Mais aucune infraction, aucun désaccord sur un aménagement ne justifie qu’on mette volontairement la vie de quelqu’un en danger.

Cette polarisation me rappelle ce que j’ai trop souvent dénoncé en politique. On cherche à discréditer l’autre plutôt qu’à le comprendre. Cela s’applique aussi à la population. Et malheureusement, les réseaux sociaux amplifient cette confrontation.

Partager la route ne devrait pourtant pas être une guerre. C’est une question de respect, de sécurité et de gros bon sens.

Et si même la mort tragique d’un enfant de 11 ans ne suffit pas à faire taire notre haine ou notre colère, je pense que nous avons collectivement un sérieux problème.

Un cœur en hiver

Un cœur en hiver est un film de Claude Sautet sorti au cinéma en 1992. Il s’agit de l’un de mes films coup de cœur. D’abord, parce que je suis un fan du regretté Claude Sautet, ensuite j’aime beaucoup le jeu des acteurs. Les personnages sont en retenue. Stéphane, le personnage interprété par Daniel Auteuil, est un homme de peu de mots. Et la musique de Ravel. C’est un film lent. En douceur je dirais. Ce qui fait un grand bien, ces temps-ci.

Extrait du synopsis sur Wikipédia :

« Maxime et Stéphane sont amis et travaillent ensemble dans l’atmosphère feutrée d’un atelier de lutherie. Maxime, marchand de violons, est un homme bon vivant, actif et sans états d’âme particuliers. Stéphane, luthier, vit sans affect, un hiver du cœur aux raisons mal discernables. Son existence tourne autour de son métier qu’il exerce minutieusement.

Maxime présente sa nouvelle compagne, Camille Kessler, une jeune violoniste venue dans l’atelier pour confier son instrument. Entre les trois personnages se noue une relation complexe et ambiguë. »

Le film s’ouvre sur un monologue de Stéphane. Voici sa retranscription.

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Maxime et moi, on comprend sans se parler. On se connaît depuis si longtemps. On travaille ensemble, mais le patron c’est lui. De cette maison familiale, Maxime maintient la tradition. Avec lui, les musiciens sont détendus. Il connaît le programme de leur tournée. Il les invite à déjeuner. Il sait les écouter, les faire parler, apaiser leurs doutes. Et c’est en toute confiance qu’ils nous apportent leur bien le plus précieux, leurs violons. Maxime ne les regarde pas comme des clients, plutôt comme des patients. Et quand le cas exige un traitement plus long, Maxime s’efface. C’est dans la chaleur des concerts que Maxime préfère les musiciens. Ils partagent leurs émotions, il prend sa part des applaudissements. Il est vraiment ému.

Maxime a besoin de se dépenser. Il est bien dans son corps. Il aime tellement gagner que pour moi, perdre devient un plaisir. Je lui connais des appétits, mais pas d’états d’âme. Il mène sa vie légèrement et même quand il lui arrive de mentir, il le fait sans effort.

Dans le flou de son emploi du temps, je sers volontiers d’alibi. Mais il y a longtemps que je ne l’accompagne plus dans ses récréations nocturnes. Il me les racontera le lendemain. Sorti du travail, chacun vit de son côté. Sur les lieux où je vais, les gens que je vois quand nous ne sommes pas ensemble, Maxime ne me pose pas de question et c’est très bien comme ça.

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À ma grande surprise, j’ai retrouvé le film sur YouTube. Voici le lien vers Un cœur en hiver.

Demain le 12 août, j’achète un livre québécois. Le 13, je sors d’iso…

Ce mardi, c’est l’événement « Le 12 août, j’achète un livre québécois ». Et si ce n’est pas déjà fait, c’est le temps d’acheter Tant d’hivers, mon récit-témoignage paru aux Éditions Sémaphore en avril 2024. Ma page d’auteur.

À Québec, deux exemplaires de Tant d’hivers sont encore disponibles à la librairie La Liberté, située sur la route de l’Église dans l’arrondissement Sainte-Foy. Allez, passez le mot, ils doivent quitter la librairie. Sinon, rendez-vous chez votre libraire préféré pour le commander.

Il existe une autre possibilité : l’acheter en ligne auprès de la maison d’édition. Suivez ce lien.

Par ailleurs, le mercredi 13 août, je sors de ma période d’isolement. J’ai été déclaré positif à la covid le dimanche 3 août et dans ce milieu de soins et de fin de vie qu’est le CHSLD, le protocole exige une période d’isolement de 10 journées pour éviter la propagation, à la fois chez les résidents et les travailleurs. Fort heureusement, je peux aller dehors au grand air. Masque à l’intérieur du centre d’hébergement, on l’enlève à la sortie.

Toutefois, je n’ai pas droit à une douche. La dernière remonte au vendredi précédent. Ça fait 10 jours aujourd’hui.

C’est dans ce contexte particulier que je lance un appel à acheter Tant d’hivers. Merci beaucoup.

Sur la table de chevet de Pierre-Yves McSween

Dans La Presse de ce samedi 3 avril, j’ai eu l’agréable surprise d’apprendre que Tant d’hivers se trouve sur la table de chevet de Pierre-Yves McSween. Un autre Sémaphore est à ses côtés, Morceaux de mémoire, le recueil de poésie de Mathieu Dubé.

Jour d’hiver à Kamouraska

Le jour de mon anniversaire, un membre de ma famille m’a envoyé cette photographie qu’il a prise à Kamouraska.

Le fleuve, l’Île aux Corneilles, et au-delà, le fleuve qui s’étire à l’horizon. Grand bonheur de les revoir, torture de ne pouvoir m’y balader comme autrefois le nez au froid.

Tant d’hivers à Radio Slovaquie internationale

J’ai eu le plaisir d’accorder un entretien à Radio Slovaquie internationale suite à la publication de Tant d’hivers. Il a été diffusé ce 23 décembre.

Aux questions qu’on m’avait envoyées, j’ai malheureusement répondu trop rapidement. Sinon, ils ont eu la gentillesse de lire un extrait de Tant d’hivers. Ça commence tranquillement autour de la 6e minute. Bonne écoute.

https://www.rtvs.sk/radio/archiv/1485/2455891