Lise et moi

J’ai eu ouï-dire, je m’en suis aperçu presque aussitôt sorti de la chambre : Lise Thibault était en visite au CHSLD aujourd’hui. Une visite à une connaissance. Je suppose.

Lise Thibault, l’ancienne lieutenante gouverneure condamnée en 2015 à 18 mois de prison pour fraude et abus de confiance et qui a déclaré faillite en 2017. La femme qui a adopté une attitude de victime, de pauvre vieille femme handicapée, campée dans un déni systématique.

Lise Thibault sur mon étage. Ah ben.

Je me dirige vers l’ascenseur, je descends au rez-de-chaussée et je sors à l’extérieur.

J’aperçois une Corvette rutilante dans le stationnement. Une édition récente. Peut-être même de l’année. Une vignette pour handicapé est accrochée au rétroviseur ; madame se déplace en fauteuil roulant.

Ah ben calice.

Je fais le chemin à l’inverse, j’arrive à l’étage. Elle et l’homme qui l’accompagne s’apprêtent à descendre.

Je demande l’autre ascenseur, je redescends, je les retrouve au stationnement extérieur.

Madame prend déjà place sur le siège passager, l’homme plie le fauteuil roulant pour le mettre dans la valise.

– Excusez-moi, est-ce bien Madame Thibault ?

– Oui, c’est bien elle, me répond l’homme tout sourire, chemise fraîche et veston bien ajusté.

Il ouvre la portière, je demande :

– Bonjour Madame Thibaut. Pouvez-vous me rappeler à quoi vous avez été condamné ?

Le sourire qu’elle s’était affichée disparut immédiatement dans col de sa veste.

– Vous devriez avoir honte de vous montrer dans cette voiture-là après tout ce que vous avez volé. Gardez-vous une petite gêne, faites profil bas.

– C’est la voiture de mon mari. (Elle n’est pas mariée)

L’homme, son conjoint paraît-il, me dit qu’elle a fait six mois de prison, bla-bla, bla-bla.

– Moi monsieur je me suis battu pour que les gens aient droit à deux douches par semaine. Puis j’ai presque rien chaque mois en allocation.

Je poursuis, toujours dans le respect, un tantinet baveux, ça va soit, lui, il tente toujours de jouer au brave chevalier.

Il s’énerve :

– Toé t’es chanceux, me dit-il.

– Pardon ?

– Toé t’es chanceux… On va se revoir.

L’homme en question s’appelle Réal Cloutier. On l’a présenté tour à tour comme accompagnateur, puis conjoint.

Je considère ces derniers mots comme tentative d’intimidation, mais croyez-moi, ça ne m’intimide aucunement.

Je tenais simplement à le mentionner ici au cas où ce profiteur se ramène au Centre.

Une réflexion sur “Lise et moi

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