Un cœur en hiver est un film de Claude Sautet sorti au cinéma en 1992. Il s’agit de l’un de mes films coup de cœur. D’abord, parce que je suis un fan du regretté Claude Sautet, ensuite j’aime beaucoup le jeu des acteurs. Les personnages sont en retenue. Stéphane, le personnage interprété par Daniel Auteuil, est un homme de peu de mots. Et la musique de Ravel. C’est un film lent. En douceur je dirais. Ce qui fait un grand bien, ces temps-ci.
Extrait du synopsis sur Wikipédia :
« Maxime et Stéphane sont amis et travaillent ensemble dans l’atmosphère feutrée d’un atelier de lutherie. Maxime, marchand de violons, est un homme bon vivant, actif et sans états d’âme particuliers. Stéphane, luthier, vit sans affect, un hiver du cœur aux raisons mal discernables. Son existence tourne autour de son métier qu’il exerce minutieusement.
Maxime présente sa nouvelle compagne, Camille Kessler, une jeune violoniste venue dans l’atelier pour confier son instrument. Entre les trois personnages se noue une relation complexe et ambiguë. »
Le film s’ouvre sur un monologue de Stéphane. Voici sa retranscription.
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Maxime et moi, on comprend sans se parler. On se connaît depuis si longtemps. On travaille ensemble, mais le patron c’est lui. De cette maison familiale, Maxime maintient la tradition. Avec lui, les musiciens sont détendus. Il connaît le programme de leur tournée. Il les invite à déjeuner. Il sait les écouter, les faire parler, apaiser leurs doutes. Et c’est en toute confiance qu’ils nous apportent leur bien le plus précieux, leurs violons. Maxime ne les regarde pas comme des clients, plutôt comme des patients. Et quand le cas exige un traitement plus long, Maxime s’efface. C’est dans la chaleur des concerts que Maxime préfère les musiciens. Ils partagent leurs émotions, il prend sa part des applaudissements. Il est vraiment ému.
Maxime a besoin de se dépenser. Il est bien dans son corps. Il aime tellement gagner que pour moi, perdre devient un plaisir. Je lui connais des appétits, mais pas d’états d’âme. Il mène sa vie légèrement et même quand il lui arrive de mentir, il le fait sans effort.
Dans le flou de son emploi du temps, je sers volontiers d’alibi. Mais il y a longtemps que je ne l’accompagne plus dans ses récréations nocturnes. Il me les racontera le lendemain. Sorti du travail, chacun vit de son côté. Sur les lieux où je vais, les gens que je vois quand nous ne sommes pas ensemble, Maxime ne me pose pas de question et c’est très bien comme ça.
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À ma grande surprise, j’ai retrouvé le film sur YouTube. Voici le lien vers Un cœur en hiver.
