Au jour 5 du confinement de l’être confiné

Je sors d’un demi-confinement hivernal. Alors qu’autrefois je prenais l’hiver de front en marchant d’un pas décidé dans la neige, en respirant le soleil froid à m’en coller les narines, en tenant tête au nordet, finissant tout de même par m’incliner, je dois trop souvent m’avouer vaincu aujourd’hui.

Certains jours, je crains que la mécanique et l’électronique du fauteuil roulant cassent au froid, que les roues s’enlisent dans la neige, et surtout, que mon nez casse et mes joues brûlent parce que je n’arrive pas à les couvrir en raison de mes bras paralysés. Je demeure alors confiné au CHSLD.

J’ai attendu fébrilement le printemps pour que la neige fonde et que davantage de chemins s’ouvrent devant moi. J’ai tout de même parcouru à peu près 150 km cet hiver…

Au premier samedi de ce printemps, le soleil a souri. J’ai pu m’évader du CHSLD.

Ma tête et mon fauteuil roulant motorisé m’ont alors conduit à un peu plus de 2 km du centre d’hébergement.

Au bout d’une rue sans issue, j’ai incliné l’assise du fauteuil d’une vingtaine de degrés, et là, en haut d’une voie ferrée, j’ai vu un ciel infini et le fleuve Saint-Laurent qui écoulait ses dernières glaces. J’y ai senti un vent de liberté.

De retour au confinement.

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