« La modification » – un roman

Sur sa page Facebook, Mathieu Bock-Côté a demandé de nommer un livre qui a changé notre vie. Et pourquoi. J’ai choisi La modification de l’auteur français Michel Butor, lu à l’âge de 19 ans, au cégep, dans le cadre d’un cours de littérature. Je me souviens que le professeur nous avait donné comme travail d’écrire un texte de deux pages dans le style du nouveau roman. J’avais adoré l’expérience. Malheureusement, j’ai perdu le texte, mais ma mémoire se souvient de cette phrase : « Vous ouvrez les yeux et une lumière intense frappe votre œil droit. »

La modification n’a pas changé ma vie. Je trouve ça exagéré. Marquant dans mon existence, certainement. Voici un roman qui s’inscrit dans le courant du Nouveau roman. Dans ce cas-ci, c’est l’utilisation de la troisième personne du singulier, le vouvoiement. Voici ce qui est écrit sur Wikipédia :

« L’auteur utilise tout du long le vouvoiement pour décrire le voyage d’un homme dans le train Paris-Rome, alors qu’il compte rejoindre sa maîtresse. On suit tout son cheminement de pensée, toutes ses réflexions et ses multiples décisions, lesquelles changent au fur et à mesure du trajet. On voit à quel point il lui est difficile de savoir ce qu’il désire, à quel point le temps qui passe trop lentement l’empêche de rester sur un choix de vie. »

L’utilisation du vouvoiement m’avait d’abord dérouté, même rebuté, mais la lenteur, les longues descriptions, et surtout, une certaine identification au personnage principal et au décor m’avaient séduit ; un voyageur, un train, une destination, une femme.

Je n’ai pas le bouquin, j’ai trouvé un extrait sur le net. J’ignore toutefois s’il est fidèle à l’original.

« Le seul moyen d’éviter de la voir, depuis la fenêtre du compartiment ou du corridor dont vous avez baissé la vitre, courir, vous faire des signes jusqu’à ce qu’elle n’en puisse plus, de ne pas apercevoir une dernière fois au loin sur son visage tout diminué par la distance, que vous devinerez essoufflé, rouge d’effort et d’émotion, peut-être en larmes, ce sourire neuf, cette confiance obstinée, renforcée, cette reconnaissance contraignante qu’il ne vous serez plus en aucune façon possible de détruire avant les lentes, lamentables, sottes catastrophes intimes certaines, et qui vous renfermeraient dans cette aventure pour laquelle vous étiez parti de la gare de Lyon ce matin, dont vous savez qu’elle est sans issue. » (La modification, Michel Butor)

Il faudrait que je relis ce roman. Certaines œuvres s’apprécient différemment avec le temps, sinon, encore plus.

Pour la référence chez l’éditeur.

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